B -L’altération des parois rocheuses carbonatées.
Tout d’abord nous définirons l’érosion comme étant l’ensemble des phénomènes naturels qui contribuent à la modification d’un relief.
En ce qui concerne les principaux agents d’érosion nous retiendrons :
-L’eau, qui est l'agent d'érosion le plus commun, elle use le relief par décomposition, ruissellement.
-Le vent ou érosion éolienne, qui est le principal facteur d'érosion en milieu désertique.
-Le gelde l'eau contenue dans les fentes des rochers.
Dans nos régions la dégradation naturelle des surfaces rocheuses est le résultat de deux causes principales.
-1/ La décomposition chimique
Il s’agit des effets de dissolution, d'oxydation, d’hydrolyse provoqués par la réaction des acides produits par les plantes.
2 /La désagrégation mécanique
Elle résulte de la dislocation de la roche sous l’effet de contraintes d'origine diverses:
-L’action mécanique des forces endogènes (fractures et failles, plissements).
-L’ alternance de l'insolation des roches au cours de la journée et du refroidissement nocturne avec pour résultat l’écaillage des roches.
-Le gel de l’eau contenue dans les failles, fissures.
-Les vibrations causées par la proximité de routes et de voies de chemin de fer.
I-Le rôle du lierre dans le processus de décomposition chimique des rochers.
Dans les roches sédimentaires carbonatées de Belgique il existe deux termes extrêmes, l'un le calcaire pur, formé essentiellement de calcite CaCO3, l'autre la dolomie, formée de dolomite Ca, Mg(CO3)2. Entre les deux, dans la nature, il existe tous les intermédiaires, c'est à dire des calcaires plus ou moins fortement dolomitiques. Il faut noter que la dolomie doit nécessairement contenir au moins 50% de dolomite.
Lors des opérations de réhabilitation des sites rocheux nous avons observé après l’élimination de la couverture végétale des parois couvertes par le lierre, la présence d’une fine couche de poussière blanche. Cette poudre blanche ne fait pas effervescence à l’acide chlorhydrique N/10.Mise en solution elle ne réagit pas au chlorure de baryum (contrôle de la présence éventuelle de sulfates). Nous pouvions donc en déduire qu’il s’agit de dolomie obtenue par érosion différentielle du mélange calcite (CaCO3) et dolomite (Ca, Mg(CO3)2, Un examen visuel de la roche concernée révèle en effet la présence de zones superficielles poreuses fragiles qui favorisent la désagrégation par le gel.
Cette décomposition chimique est le résultat d’une réaction de transformation bien connue du carbonate CaCO3 insoluble en bicarbonate soluble Ca(HCO3)2.
CO2+H2O+CaCO3 → Ca(HCO3)2 ↔ Ca2+ + 2HCO3- dans laquelle :
-Le gaz carbonique est fourni par la respiration nocturne de la couche végétale qui le concentre. En effet la nuit les végétaux chlorophylliens respirent. Ils absorbent du dioxygène et rejettent du dioxyde de carbone car il n'y a pas de photosynthèse.
-L’eau H2 O provient de l’humidité relative de l’air qui lors du refroidissement nocturne atteint le point de rosée, et du ruissèlement de l’eau de pluie.
-Le carbonate de calcium CaCO3 insoluble dans l’eau que l’on trouve sous sa forme cristallisée de calcite.
-Le bicarbonate de calcium Ca(HCO3)2 soluble dissocié en cation Ca2+ et anion 2HCO3- réaction réversible qui nécessite la présence d’eau.